Mauritanie : C’était un procès politique contre l’abolitionniste député Biram Dah Abeid

Deputé Biram
Ce lundi 31 janvier 2019, le député Biram Dah Abeid et son codétenu sont convoqués devant le juge du tribunal d’Arafat, une banlieue de la capitale à Nouakchott. A l’ouverture de la séance, le député Biram  refuse de répondre aux questions tant qu’on ne lui remet pas son écharpe d’élu par le peuple à l’assemblée nationale. Après avoir eu l’écharpe, il demande au juge, vous me reconnaissez comme étant un député ? Ce dernier lui répond par l’affirmatif. Alors,  Biram Dah Abeid lui tourne le dos et demande à assistance de quitter la salle d’audience. Il dira qu’il ne fera jamais face aux juges tant que son immunité n’est pas levée. Il exige que la loi soit appliquée et respectée dans la règle de l’art dans tous les domaines.
Étant donné qu’il est député, il n’acceptera jamais d’être jugé  par un juge qui viole la loi et les règles juridiques   même  s’il doit être condamné à purger une peine  de Cent (100) ans. Il dira devant le juge,  qu’il n’a pas de problème particulier  avec un journaliste, ni des journalistes, mais plutôt avec le président de la république Mohamed  Ould Abdel Aziz en personne. Il fera tout pour  le chasser de la présidence en 2019. Un débat houleux entre la défense et le juge s’en est suivi. Le juge s’entête à juger un élu sans avoir les compétences ni les prérogatives, tant pis pour la loi et ses règles, donc illégalement. Peut-on parler de « JUSTICE » dans ce pays ?  La défense et les accusés boycottent le jugement, bien évidement, si les règles juridiques sont violées d’entrée de jeu, que peuvent faire la défense et les accusés à part de se retirer ?
A la surprise générale
Le journaliste que les autorités Mauritaniennes ont présenté au monde entier comme l’auteur d’une plainte contre le leader des réseaux IRA-Mauritanie dans le monde, le député Biram Dah Abeid, retire sa plainte dans la foulée. A-t-il compris subitement, vaut mieux tard que jamais, l’exécutif se sert de sa plainte pour régler des comptes politiques avec un opposant ? Biram Dah Abeid et Abdallehi Houssein Messoud sont maintenus dans la salle d’audience avec un important dispositif sécuritaire jusqu’à tard dans la nuit.
Juge  ou  Procureur  qui est tombé dans le piège de l’autre ?
Contre toute attente, malgré le retrait de la plainte de l’homme qu’on nous présente comme  le principal plaignant, le procureur du parquet d’Arafat chante son réquisitoire  de cinq (5) ans ferme pour le député Biram Dah Abeid et son codétenu Abdallehi Houssein Messaoud prend 3 ans. Le juge décide comme s’il jouait à la perfection une scène théâtrale, condamne Biram Dah Abeid et son codétenu à 6 mois dont 2 mois de la prison ferme pour satisfaire la demande de l’exécutif « d’en haut » à fabriquer le casier judiciaire du candidat Biram Dah Abeid  pour l’empêcher à se présenter à l’élection présidentielle d’Avril 2019. Cherchent-ils également à destituer le député Biram Dah Abeid par cette « condamnation » déguisée? Ould Abdel Aziz avait promis dans la campagne électorale, qu’il ne laissera pas Biram siégé dans l’hémicycle comme si  les élus sont nommés par l’exécutif. Pourtant, le retrait de la plainte, les vices de forme des procédures soulevées, la lourde faute de charges suffisantes etc…devraient suffire  à abandonner purement et simplement  toutes les poursuites du dossier, pourquoi cela  n’a pas été le cas ? Malgré une  décision judiciaire insensée, Biram et son codétenu ont fait 5 mois et 3 semaines en prison, alors là, ils ont été condamnés qu’à faire 2 mois ferme, quelles sont les sanctions prévues à entreprendre contre le procureur et le juge d’instruction du tribunal d’Arafat  par leur ministre tutelle Dia Moctar Malal ? Ces hommes sont ils au dessus de la loi pour briser gratuitement la vie des citoyens innocents sans rendre compte?
Message de remerciements du député Biram Dah Abeid à sa sortie du tribunal.
« Je suis libre, bravo au collectif des avocats, aux militantes, militants, sympathisants et sympathisantes d’IRA-Mauritanie, et à Abdallahi Houssein Messoud, qui est aussi libre.
Bravo à vous tous chères amies et chers amis, soutiens indéfectibles de par le monde »
Nos félicitations à tous et toutes, c’est le début de la victoire du bien sur le mal, la vérité sur le mensonge d’état. Nous souhaitons bonne continuation à monsieur le député du peuple mauritanien, Biram Dah Abeid. Nous exhortons l’opinion internationale à être très vigilante sur ce qui se passer en Mauritanie à la veille de l’élection présidentielle qui est  prévue en avril 2019.
Meilleurs vœux, Bonne et heureuse année 2019
Diko Hanoune/ Secrétaire général de l’Association des Haratine de Mauritanie en Europe (A.H.M.E)

Mauritanie-Haratin: L’activiste anti-esclavagiste Biram Dah Abeid est emprisonné pour empêcher la candidature politique

Mauritanie-Haratin: L’activiste anti-esclavagiste Biram Dah Abeid est emprisonné pour empêcher la candidature politique

Biram Dah Abeid, militant anti-esclavage mauritanien, est incarcéré sous de fausses accusations depuis août 2018. Son travail de plaidoyer pour la minorité mauritanienne Haratin, dont près de la moitié vit de facto en esclavage, en a fait une cible pour le gouvernement. qui condamne régulièrement les militants des droits de l’homme en prison pour des crimes qu’ils n’ont jamais commis. L’arrestation de M. Abeid a également été intentionnellement organisée pour l’empêcher de respecter les délais d’inscription aux élections nationales, ce qu’il avait prévu de faire. Des organisations telles que Freedom United ont lancé une pétition en faveur de sa libération dans le but d’accroître la sensibilisation et la pression internationale sur le gouvernement mauritanien.

L’article ci-dessous a été publié par The Independent:

Biram Dah Abeid a été réveillé par un choc à 5h30 du matin par la police qui l’a emmené dans une cellule de prison sordide et sans fenêtre. Mais il n’a pas été surpris. Le jour de son arrestation le mois dernier [7 août 2018] était également la date limite fixée par la commission électorale pour que les candidats puissent s’inscrire aux élections nationales du 1er septembre. Il n’y a aucun avantage politique à assumer le rôle de militantisme anti-esclavagiste en Mauritanie. Abeid, président de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), peut le confirmer, à ses dépens. Depuis qu’il a annoncé son intention de se porter candidat à un poste politique pour mener à bien son programme anti-esclavagiste, Abeid et ses collègues ont été persécutés. Le mois dernier, la communauté anti-esclavagiste célébrait la libération de deux militants et membres du conseil de l’IRA, Moussa Bilal Biram et Abdellahi Matalla Saleck, d’une prison saharienne éloignée où ils étaient détenus depuis deux ans. Leur arrestation, en juin 2016, est intervenue un mois après la libération de M. Abeid de son dernier séjour en prison en mai 2016. Une large coalition d’individus et d’organisations s’est réunie pour dénoncer l’injustice de sa détention. Plus de 370 000 personnes ont signé une pétition sur Freedom United et des appels ont été lancés dans le monde entier pour obtenir sa libération. Finalement, la Cour suprême a statué en faveur de son deuxième appel et a réduit l’accusation initiale à une infraction mineure qui entraînait une peine d’emprisonnement maximale d’un an, pour laquelle il avait servi presque deux fois

Depuis la libération d’Abeid en 2016, ou plutôt pendant ses deux années de liberté, il a ajouté deux autres récompenses à sa collection pour son activisme anti-esclavagiste, notamment en étant un héros du trafic d’êtres humains par le Département d’État américain. A Washington DC, recevant le prix, les autorités mauritaniennes ont accusé plusieurs de ses collègues de l’IRA d’avoir pris part à une manifestation organisée et les ont accusés d’incitation aux émeutes et de violente rébellion contre le gouvernement.

 

Lentement, les militants ont été libérés jusqu’à ce que deux d’entre eux, Moussa Bilal Biram et Abdellahi Matalla Saleck, restent en prison. Le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a conclu que la détention de ces militants était en violation du droit international.

 

En dépit de sa grande visibilité, il n’ya aucune raison de croire qu’Abeid se débrouillera mieux dans son traitement. Il a fallu un appel du président du barreau mauritanien pour obtenir un petit tapis et une moustiquaire dans la cellule de la prison délabrée et sale. Le 13 août, il a été transféré à la prison centrale de Nouakchott, inculpée de tentative d’agression et de menace de violence. Abeid conteste les réclamations, qui, selon les critiques, se sont multipliées.

 

Abeid n’était rentré au pays que quelques jours après son retour des États-Unis où il avait participé à un briefing au Congrès sur la question de l’esclavage au Sahel. Et Abeid connaît bien son sujet. Fils d’esclave, il est un Haratin, un groupe minoritaire qui subit une discrimination telle que la moitié de la population Haratin du pays vit comme des esclaves avec des descendants «hérités» par leurs propriétaires.

 

Le remaniement que représente Abeid pour tenter d’obtenir un poste politique semble trop lourd à gérer pour les autorités. Sous la coalition Sawab-IRA, il avait l’intention de se présenter aux élections nationales et de tenir des réunions publiques dans la capitale du pays, augmentant ainsi sa part de soutien populaire. Le gouvernement a été de plus en plus pressé de s’attaquer à l’un des derniers systèmes mobiliers au monde, en adoptant une nouvelle loi en 2015 et en créant un tribunal spécial de l’esclavage. Cependant, la situation globale est décevante. Peu de cas ont été entendus, seules quelques poursuites ont abouti et le message principal est que la lutte contre l’esclavage vous amènera du mauvais côté de la loi.

Abeid est clairement pas facilement réduit au silence. Cependant, s’attaquer à ce système d’esclavage en Mauritanie exige un niveau de bravoure exceptionnel pour ceux d’entre nous qui vivent dans des pays où le leadership politique est en train de s’attaquer à l’agenda anti-esclavagiste. Une fois encore, son cas requiert une attention internationale, ce qui, selon toute vraisemblance, révélera que les accusations portées contre lui ne sont pas fondées, conduisant inévitablement à sa libération. Toutefois, si, en tenant Abeid après les élections, le gouvernement en place apaisait les voix dissidentes et les nouvelles prises de position, il saluerait le succès de ses actions.  Photo gracieuseté de Front Line Defenders

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COMMEMORATION ABOLITION DE L’ESCLAVAGE, FONTENAY SOUS BOIS 2018

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-Jeudi 10 mai, à 17h

Cérémonie officielle

Fontenay sous-bois, parc de l’hôtel de ville

Comme chaque année depuis 2007, la municipalité de Fontenay sous-bois invite les citoyens à un temps de recueillement dans le bas du parc Hôtel de Ville, près de la sculpture « Héloïse ou… la fille des Trois-Rivières ». Rassemblement accompagné de musique traditionnelle et suivie d’un buffet créole.

Loi n° 2001-434 du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité

Article 1 :

La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité.

  

-Dimanche 13 mai à 12h

Artiste et citoyen contre l’esclavage

Fontenay sous-bois, parc de l’hôtel de ville

Célébration de la loi Taubira et  de tous les acteurs des luttes pour la liberté. Après 400 ans de traite négrière, il faudra plus d’un siècle et demi après son abolition, pour que cette pratique soit reconnue comme crime contre l’humanité (vaut mieux tard que jamais). Cette reconnaissance constitue une avancé remarquable. Néanmoins la route reste longue pour parvenir à réparer ces injustices, et celle qu’elles ont engendrée.  L’actualité nous rappelle régulièrement que ce passé reste  bien présent, car il reste malheureusement l’un des  socles de nos sociétés.

Rassemblement festif pour rappeler l’histoire et honorer la mémoire de tous les combattants de la liberté et de l’émancipation des peuples, et perpétuer le combat.

 

EXPOSITION : MATRICE AFRICAINE

Présentation de différentes expressions culturelles de matrice africaine, maintenues vivantes par les descendants des populations d’Afrique déportées durant la période de la traite négrière transatlantique et transsaharienne. Les navires et les caravanes ne transportaient  non seulement des hommes, des femmes et des enfants, mais encore leurs dieux, leurs croyances.  A travers ses pratiques souvent interdite, les esclaves résistaient à l’oubli, gardant en mémoire le souvenir d’un temps où il était des hommes libres.

Cette exposition se veut participative et évolutive, elle peut être corrigée, complétée, modifiée avec les informations données par les lecteurs.

 

SCENE D’EXPRESSION LIBRE (concert, danse, lecture, prise de parole,…)

JEUX POUR ENFANT

KALUMBA

VILLAGE ASSOCIATIF

AFRIQUE EN LUTTE, L’AHME (Association des haratine de Mauritanie en Europe), B BOY CONSCIENT, ÉDITIONS ANTISOCIALES, CGT DOM, OURSINS BALADINS, SORTIR DU COLONIALISME, TAMERY SEMATAWY LIBRAIRIE KAMITE PANAFRICAINE…

RESTAURATION

 

-Samedi 19 mai à 18h30

Projection-discussion

à l’espace intergénérationnel

 

Extrait de « Pourquoi nous détestent-ils ? », documentaire en trois volet, réalisé et incarné par Amelle Chahbi, Alexandre Amiel et Lucien Jean-Baptiste. Dans son volet  Lucien Jean Batiste remonte à l’origine des clichés racistes afin de les questionner, pour mieux les démonter. Ils confrontent ainsi leurs singularités à des discours racistes tenus par des militants, des hommes politiques, ou encore des éditorialistes. De ces échanges, parfois abrupts, souvent glaçants, ressort toute la contradiction de ces dérives idéologiques, en passe d’être banalisées dans la société.

 

La projection sera suivie d’une discutions autour d’une collation. Les participants sont invités à venir avec boissons et victuailles à partager.

 

 

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ESCLAVAGE 2018

L’année 2017 a pris fin, elle aura été marquée en autre par la vente d’esclaves noirs en Lybie. L’année 2018 débute avec les humbles excuses de la marque H&M pour avoir apparenter un enfant noir à un singe cool. Que s’est-il passé ? Une maladresse qui traduit d’un profond malaise. Au 21ème siècle, quelle vision la société a-t-elle des hommes et des femmes à la peau noire? 229 années après la déclaration universelle des droits de l’homme, il semblerait que nous ayons peu progressé. Lorsque notre président de la  république fait son premier voyage officiel en Afrique pour voir ses « homologues », celui-ci par son comportement traduit un état d’esprit général, un sentiment de domination et une arrogante supériorité à peine dissimulée.

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COMMÉMORATION ABOLITION ESCLAVAGE 2017. FONTENAY SOUS BOIS – ZIGUINCHOR (SÉNÉGAL)

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WEEK END DE LA MÉMOIRE, 29 & 30 avril 2017

L’espace intergénérationnel en association avec le collectif Un passé trop présent organise un week-end sur la route de l’Histoire. Après s’être rendu dans le Doux sur les traces de Toussaint L’ouverture, à Nantes, et à La Rochelle.

Cette fois ci nous prendrons la route pour nous rendre à Bordeaux, second plus important port négrier français après Nantes. Au programme découverte de la ville et du port, dans le cadre du « Bordeaux Négre », promenade avec des arrêts au niveau des monuments incontournables du cœur historique de Bordeaux. Puis visite du musée d’aquitaine qui présente des salles permanentes consacrées à l’esclavage et au commerce triangulaire et de l’exposition « Tromelin, l’île des esclaves oubliés » qui retrace le naufrage d’une expédition négrière parti de Bayonne en 1760, pour rejoindre l’océan indien.

 

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amata DIENG

rassemblement-hommage-mamadou-5_632678Secrétaire générale du MIR-France, Ramata DIENG est également principale porte-parole du Collectif Lamine Dieng (étouffé par compression thoracique et crânienne par huit policiers) et co-fondatrice en 2010 du Collectif Vies Volées qui réunit des familles de victimes de violences policières et de l’impunité judiciaire qui y est liée. À partir de 2011 le Collectif VV initie en France une marche annuelle en mars [15 mars, Journée internationale contre la brutalité policière – 21 mars, Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale]. « Les personnes décédées entre les mains de la police ne sont pas des faits divers locaux, MAIS UN PHÉNOMÈNE DE SOCIÉTÉ PASSÉ SOUS SILENCE », et en 2012 le Collectif VV lance une pétition « contre le permis de tuer », qui demande notamment « la révision de l’enseignement des méthodes d’interpellation dans les écoles de police et la prohibition des techniques létales, hors cadre de légitime défense ». Ramata DIENG est co-auteur de l’ouvrage du Collectif Angles morts « PERMIS DE TUER ».

Mutombo KANYANA

Docteur en relations internationales, politologue, ancien fonctionnaire international (en charge du Programme de l’UNESCO de lutte contre le racisme et la discrimination), co-fondateur en 2002 et secrétaire général du Carrefour de réflexion et d’action contre le racisme anti-Noir (CRAN), président du centre genevois « Ecoute contre le racisme », MUTOMBO KANYANA  travaille comme expert international indépendant sur les questions liées au racisme.
Spécialiste également des questions identitaires et formateur en interculturel, il a co-fondé en 2008 et dirige à Genève l’Université populaire africaine, première expérience du genre en Europe, après avoir conduit au Rwanda, de 2005 à 2010, en direction des jeunes un « Projet de formation à l’identité africaine et rwandaise», soutenu par l’UNESCO et intégré par le Ministère de l’Education nationale dans ses programmes scolaires.
Créateur et rédacteur en chef de la revue Regards Africains (1986-2003) et collaborateur de plusieurs médias, en Suisse et ailleurs, il est co-auteur de nombreux ouvrages.